3 pour 1

Je vous ai sincèrement aimés

Malgré les souvenirs qui s’effacent petit à petit, je garde encore le ressenti de ces instants. La gêne de rougir à un regard, la chaleur de vos voix et l’extase de ces fantasmes qui ont empli mon imaginaire.

J’aurais tellement voulu lire dans vos pensées, histoire de calmer cette petite voix qui me suppliait de vous fuir.
Cette petite voix qui de temps à autre arrivait à me convaincre que ma présence vous agaçait et que ma personne vous repoussait.

Il m’arrive de ne pas vous voir de suite. De vous croiser 1000 fois sans jamais vous remarquer.
Vient alors ce jour, cet instant précis où à mes yeux vous allez briller plus que les autres.

Ainsi commence le cycle, my sweet hell.

Espérant en vain que cela ne dure que quelques heures, vos visages commencent tout doucement à s’installer sous mes paupières.
Les jours passent et je me surprends à vous chercher du regard, histoire de graver un peu plus ses détails de vos êtres dans ma mémoire.
Et puis vous voilà devenu obsession et fantasme. Je rêve de contact et de scénarios utopiques. Ou que j’aille, quoi que je fasse, je ne vois que vous.
Je jalouse vos moitiés qui ont le droit de sentir votre peau, de boire vos mots et plonger dans vos yeux.
Et je pense à ma moitié (Tu sais ce que je suis, pardonne-moi).

Mais après le flottement, vient le retour à la réalité.
Interdiction de bousculer la vie de qui que ce soit. Un fantasme n’est palpitant que s’il le reste.

Depuis combien de temps suis-je là ? Des semaines ? Des mois?
Je fais un pas en arrière, j’attrape ce cumulonimbus de sentiments qui a égayé ma vie depuis quelque temps et l’englouti. Il se débat, il ne veut pas disparaitre. Il veut continuer de grandir, il veut exister.

Viens la colère, que dis-je, la rage.
Je m’en veux d’être retombé dans ce cycle. Je m’en veux d’avoir cru que cette fois-ci je pouvais tout contrôler.
Je m’en veux car me voilà encore une fois à terre, tremblant, étouffant mes cris. Cette douleur dans le ventre, le dos, la poitrine, comme si j’allais exploser. Ma tête a perdu le nord, je ne sais plus où je suis.
D’où viennent toutes ces larmes ?
Pourquoi j’ai l’impression qu’une partie de moi vient de mourir ?

Cette voix. Celle qui m’avait supplié auparavant, à présent hurle à l’intérieur. Elle prie pour que quelqu’un ouvre la porte et vienne m’aider avant que A ne prenne le relais. Mais trop tard, la porte est verrouillée et A est déjà là. Elle attend que la lueur qui brillait si fort dans mes yeux s’éteigne.

Ce ne sera pas la première ni la dernière fois et malgré le trou noir engendré, je retiens surtout que je vous ai sincèrement aimés.

Z